Travail sur le plat : assouplir et muscler son cheval

Dans la première partie de cet article, nous avons vu quelques notions de biomécanique expliquant pourquoi le travail sur le plat est excellent pour muscler et assouplir ta monture. Dans cette seconde partie, j’aimerais aborder quelques principes à respecter et détailler la (longue !) liste des bienfaits de ce travail. Enfin, nous aborderons certains exercices plus en détails.

Pour commencer, il faut respecter quelques règles afin de garantir un travail harmonieux et efficace. Les exercices doivent être choisis en fonction du niveau de ton cheval mais aussi selon ton niveau. Tout d’abord, tu dois t’assurer de travailler de manière progressive. Fais des pauses régulièrement puis prends en compte un temps de récupération entre les séances.
Pour un jeune cheval, ou un cheval ayant peu travaillé, la progression doit être lente. Il est important de débuter le renforcement musculaire général avant de se spécialiser. Notamment en développant la musculature des épaules qui est plus complexe, avant de chercher à développer la poussée des postérieurs, qui se développe bien plus facilement.

Concrètement, il faut toujours commencer par une bonne détente. Alterne les exercices et le travail de la ligne du dessous et du dessus, tout en incluant des assouplissements. En effet, il est important est de rechercher le relâchement et la décontraction en pratiquant des exercices que ton cheval exécute facilement. Ainsi, il développera plus d’amplitude en étant plus détendu. Vingt minutes de travail après une détente sont suffisantes pour muscler ton cheval sans le lasser. Et si tu n’aimes pas rester enfermé dans un manège, tu peux aussi travailler sur des chemins de forêt ! 

Ainsi, un bon travail sur le plat te permettra : 

  • d’améliorer la proprioception et la coordination des membres (donc un meilleur équilibre et moins de faux mouvements et de blessures) ;
  • de renforcer les abdominaux (les fondations qui soutiennent le dos) ;
  • de muscler les pectoraux et les épaules (par exemple, indispensable pour « trousser » les antérieurs au-dessus d’un obstacle et soutenir le tronc à la réception) ;
  • d’améliorer la mobilité du dos grâce aux différentes rotations du tronc (travail des muscles profonds stabilisateurs qui préservent des traumatismes) ;
  • développer les muscles de l’engagement et de la propulsion (amplitude des foulées, aisance et allongement des allures, meilleure propulsion pour le saut…) ;
  • de muscler les fesses et les hanches et d’améliorer la mobilité du bassin (meilleure propulsion et prévention des problèmes de hanches).

>Quelques exercices pour muscler les abdominaux via le travail sur le plat : 

Commençons par le travail de la chaine ventrale. Pour renforcer les abdominaux de ton cheval, tu peux, par exemple, travailler la descente d’encolure. Celle-ci oblige le cheval à contracter ses abdominaux et ses ilio-psoas (muscles sous les lombaires et le sacrum) pour rester en équilibre. Pour obtenir cela, l’impulsion et l’engagement des postérieurs doivent impérativement être maintenus.

Tu peux aussi travailler les transitions descendantes ou bien sur un terrain varié avec des montées et des descentes. Cela obligera ton cheval à contracter ses pectoraux pour soutenir son tronc. De plus, ses abdominaux pour engager ses postérieurs sous la masse, et à étirer sa chaine dorsale.
Pour varier les séances, tu peux aussi effectuer des départs au galop depuis le pas. Cela exige un report du poids sur les hanches et un engagement du postérieur interne sous la masse.
Ou bien travailler le reculer (flexion du dos et engagement des ilio-psoas) ou encore utiliser des barres au sol (flexions-extensions rapprochées des membres qui contractent les abdominaux).

>Quelques exercices de déplacements latéraux :

La cession à la jambe joue un rôle éducatif sur la synchronisation des mouvements. Elle assouplit le bloc des épaules, favorise l’engagement d’un postérieur sous la masse, la rectitude et la cadence.
L’épaule en dedans développe la flexibilité latérale, la liberté des épaules et l’engagement du postérieur interne (abaissement d’une seule hanche) sous la masse.
La tête au mur et la croupe au mur sont des acquis préalables à l’appuyer. Ces deux exercices sollicitent également l’abaissement des deux hanches et la flexion des jarrets sous la masse.
L’appuyer (comme l’épaule en dedans, la tête au mur/croupe au mur) vise à augmenter l’engagement des postérieurs et ainsi, le rassembler. C’est un travail qui sollicite l’abaissement des deux hanches. La hanche interne (vers le côté) et hanche externe (sous la masse et vers le côté) avec un plus gros effort et plus de flexion. 

>Quelques combinaisons d’exercices du travail sur le plat :

Tous les exercices que je mentionne ont des effets différents et sont donc complémentaires. Par exemple, l’appuyer et l’épaule en dedans du même côté ont des effets opposés. Ils sont donc très bénéfiques si combinés lors d’une séance (alternance d’actions musculaires agonistes et antagonistes).
Pratiquer quelques foulées d’épaule en dedans suivies de trot allongé sur un cercle permet aux muscles de travailler dans différentes tensions, longueurs et vitesses d’exécution.
Exécuter quelques foulées de reculer, puis un départ au pas, ou au trot, permet d’associer des actions de propulsion et de flexion.
Ou encore, associer un galop à faux suivi d’une courbe opposée à juste en étirant le cheval vers le bas permet d’alterner étirements et contractions musculaires. 

Enfin, voici les erreurs à éviter pour ne pas causer de pathologies : 

  • une répétition excessive des mêmes mouvements ;
  • travailler uniquement dans une seule position ;
  • exiger une trop forte intensité sur la durée ; 
  • le manque de préparation physique ;
  • travailler sur des douleurs préexistantes ;
  • répéter trop précocement des gestes spécialisés.

Pour conclure, le développement de la musculature générale est un gage d’équilibre et d’harmonie musculaire. Elle contribue à développer le potentiel du cheval et à réduire les risques de blessures. Seule l’association d’exercices variés permettra ce bon développement et tous les chevaux ont à y gagner, qu’importe leur discipline !

Penses-tu à faire le travail sur le plat ? Laisse-moi un commentaire. 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour haut de page